FRANCE-SOIR: L'ASPARTAME EN ACCUSATION.

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L’ASPARTAME EN ACCUSATION

Santé - L’aspartame, “déconseillé aux femmes enceintes et aux enfants”


Françoise Marmouyet et Nolwenn Le Blevennec, le jeudi 2 avril 2009 à 04:00

Professeur de toxicologie alimentaire à l’université de Bordeaux-I, Jean-François Narbonne met en garde contre les dangers de l’aspartame et réclame une étude épidémiologique de grande ampleur.

 

FRANCE-SOIR. Pourquoi pensez-vous qu’il faille interdire l’aspartame ?
Jean-François Narbonne. L’
aspartame est constitué de phénylalanine et d’acide aspartique, qui se transforment en méthanol, formaldéhyde et dicétopipérazine, substances dont certaines ont des propriétés génotoxiques qui pourraient provoquer des cancers. Lesquelles peuvent aussi avoir des effets neurologiques. Les études menées in vitro montrent que l’aspartame est un puissant inhibiteur de la croissance des neurones. On note également un effet « cocktail synergique » lorsque l’aspartame est associé avec certains colorants. En revanche, la relation entre effets in vitro et in vivo est difficile à établir. Des études épidémiologiques sérieuses pourront nous permettre d’évaluer la réalité des risques et des impacts chez l’homme. Il est possible que les dernières études italiennes sur la cancérogenèse permettent une révision de la DJA. Dans l’attente de ces résultats, je déconseille la consommation de cette substance, en particulier aux femmes enceintes et aux enfants.

 

Et d’un point de vue nutritionnel ?
Les produits dits « light » sont une aberration nutritionnelle, c’est du marketing pur et simple, et je ne comprends pas que certains médecins les recommandent. Le light ne fait pas maigrir, mais perturbe la régulation naturelle de l’organisme. La seule façon de contrôler son poids est d’avoir une alimentation équilibrée fondée sur des produits naturels.

 

Que demandez-vous aux pouvoirs publics ?
Face aux inquiétudes que soulève l’
aspartame, renforcées par la publication de cette deuxième étude Ramazinni, il faudrait une étude épidémiologique de grande ampleur pour déterminer ce que peut provoquer chez l’homme et surtout chez l’enfant la consommation régulière d’aspartame.

 

Rumsfeld, l’homme qui a fait autoriser l’aspartame
Décembre 1965. Après avoir touché un nouveau médicament antiulcéreux, James Schatter, un chimiste du laboratoire GD Searle, lèche sa main et s’étonne de son goût sucré. La société pharmaceutique a une idée lumineuse : remplacer le sucre par une substance non calorique qui en a la saveur. Dès le printemps 1967, Searle finance des tests pour faire enregistrer cet additif par la Food and Drug Administration (FDA).

 

Une première autorisation de mise sur le marché est accordée à l’aspartame. Quelques mois plus tard, l’autorisation, très critiquée, est suspendue. Dans un rapport de 1976, cité par le New York Times, la FDA émet des doutes sur la qualité des études présentées par Searle au début des années 70 : « pauvrement constituées, exécutées sans soin, analysées de manière inexacte et mal retranscrites ». Dans la foulée, la FDA demande une enquête pour falsification. Le parquet de l’Illinois, en charge du dossier, n’a jamais donné suite.
Bons et loyaux services

 

En 1981, les républicains reprennent le pouvoir aux Etats-Unis. Bien qu’il s’en défende, Donald Rumsfeld, proche de Ronald Reagan (président jusqu’en 1989), est soupçonné d’avoir participé à la nomination du directeur de la FDA, Arthur Hayes. L’autorité sanitaire donne l’autorisation définitive de mise sur le marché, dans les aliments. Quelques mois plus tard, une troisième étude, financée par Searle, blanchit l’aspartame. En 1983, l’édulcorant est autorisé dans les boissons aux Etats-Unis. La même année, Arthur Hayes démissionne de la FDA pour rejoindre le cabinet de relations publiques de Searle. Cinq ans plus tard, l’aspartame est autorisé en France.

 

Searle a été racheté par Monsanto en 1985, pour un milliard de dollars. Selon un article du Chicago Tribune, daté de novembre 2006, la famille Searle aurait alors reversé 12 millions de dollars à Donald Rumsfeld, pour ses bons et loyaux services.


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